Ekaterinbourg : guide complet 2026 — Romanov, Oural, musées, gastronomie et transports
- Histoire d'Ekaterinbourg : de Pierre le Grand aux Romanov
- La maison Ipatiev et l'Église-sur-le-Sang
- La frontière Europe-Asie
- Les musées incontournables
- Architecture : du constructivisme soviétique au moderne
- Gastronomie oural : pelmeni, bouillon et baies
- Vie nocturne et culture
- Comment aller à Ekaterinbourg et s'y déplacer
- Infos pratiques 2026
Ekaterinbourg est une ville qui ne ressemble à aucune autre en Russie. Quatrième agglomération du pays avec ses 1,5 million d’habitants, elle se dresse au pied de l’Oural, cette chaîne de montagnes millénaire qui trace la frontière imaginaire entre l’Europe et l’Asie. Ville de contrastes absolus, elle fut à la fois le berceau industriel de la Russie impériale, le théâtre de la tragédie la plus noire de la famille Romanov, et la vitrine d’un modernisme architectural assumé qui tranche avec son passé soviétique. Ici, les dômes dorés de l’Église-sur-le-Sang côtoient les façades constructivistes des années 1930, les marchés de pierres précieuses voisinent avec les galeries d’art contemporain, et les habitants — les Ekaterinbourgeois — cultivent une fierté régionale particulièrement vive.
Visiter Ekaterinbourg en 2026, c’est s’aventurer dans une Russie profonde et méconnue des circuits touristiques classiques, loin des clichés de Moscou ou de Saint-Pétersbourg. La ville offre une densité culturelle et historique exceptionnelle dans un rayon de quelques kilomètres, une gastronomie sibérienne généreuse et authentique, et une accessibilité depuis Moscou qui en fait une étape naturelle sur la route du Transsibérien. Ce guide complet vous donne toutes les clés pour planifier votre séjour à Ekaterinbourg, de la maison Ipatiev au monument Europe-Asie, en passant par les meilleures tables pelmeni et les incontournables du musée Eltsine.
Histoire d’Ekaterinbourg : de Pierre le Grand aux Romanov
La naissance d’Ekaterinbourg est indissociable de la politique industrielle de Pierre le Grand. En 1723, l’empereur ordonne à Vassili Tatichtchev et à Wilhelm de Gennin de fonder une ville-usine au cœur de l’Oural, sur les rives de l’Iset, pour exploiter les formidables richesses minières de la région. La ville est baptisée en l’honneur de Catherine Ière, épouse du tsar. Dès ses premières années, la cité accueille des hauts-fourneaux, des forges et des fonderies qui traitent le fer et le cuivre extraits des montagnes environnantes — une production qui contribuera directement à la montée en puissance militaire et économique de l’Empire russe.
Tout au long du XVIIIe et du XIXe siècle, Ekaterinbourg s’impose comme la capitale industrielle et commerciale de l’Oural. La région produit des métaux précieux, des gemmes — malachite, améthyste, topaze de l’Oural — et du fer en quantités considérables. La ville devient également un carrefour sur la route commerciale entre la Russie européenne et la Sibérie, attirant marchands, ingénieurs et intellectuels. Au XIXe siècle, les grandes fortunes locales financent la construction de demeures bourgeoises et d’édifices néo-classiques qui composent encore aujourd’hui le cœur historique de la ville.
La révolution de 1917 bouleverse radicalement la destinée d’Ekaterinbourg. Rebaptisée Sverdlovsk en 1924 en hommage à Iakov Sverdlov (président du Comité exécutif central soviétique, originaire de la ville), elle devient un centre industriel de premier plan pour l’URSS. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des centaines d’usines sont évacuées depuis l’Ouest de l’URSS et relocalisées dans la région de Sverdlovsk, hors de portée de l’armée allemande — une décision stratégique qui renforce encore son poids industriel. La ville retrouve le nom d’Ekaterinbourg en 1991, avec la chute de l’Union soviétique, sous l’impulsion notamment de Boris Eltsine, natif de l’Oblast de Sverdlovsk et gouverneur régional avant de devenir premier président de la Russie. Aujourd’hui, ville d’1,5 million d’habitants, Ekaterinbourg est aussi considérée comme la capitale culturelle et économique de l’Oural, réputée pour son université, ses institutions culturelles et sa scène rock légendaire.
La maison Ipatiev et l’Église-sur-le-Sang
Nulle part ailleurs en Russie l’Histoire ne pèse aussi lourd qu’au numéro 49 de la rue Tsarskaya (anciennement rue Karl-Liebknecht). C’est là que s’élevait la Maison Ipatiev, une demeure bourgeoise ordinaire réquisitionnée au début de 1918 par les bolcheviks pour servir de prison dorée à la famille impériale. Nicolas II, contraint d’abdiquer en mars 1917, avait été maintenu en résidence surveillée à Tsarskoïe Selo puis à Tobolsk en Sibérie, avant d’être transféré à Ekaterinbourg en avril 1918, alors que les armées blanches approchaient.
La Maison Ipatiev — que les gardes bolcheviques appelaient ironiquement la “Maison à destination spéciale” — accueillit pendant soixante-dix-huit jours le tsar Nicolas II, la tsarine Alexandra, leurs cinq enfants (Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et Alexis, âgé de quatorze ans et hémophile), le médecin Evgueni Botkin, la femme de chambre Anna Demidova, le cuisinier Ivan Kharitonov et le valet Alexeï Troupe. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, les onze prisonniers furent conduits à la cave sous prétexte d’une évacuation d’urgence, et fusillés sur ordre du Présidium du Soviet de l’Oural, avec l’aval de Lénine et Sverdlov. Le massacre, perpétré dans un espace exigu par une douzaine de gardes, fut long et brutal : les balles ricochaient sur les corsets à joyaux que portaient les grandes-duchesses, et il fallut achever les victimes à la baïonnette.
Les corps furent transportés nuitamment en forêt, à Ganina Iama (la Mine des Quatre-Frères), puis déplacés et enfouis dans deux fosses distinctes pour brouiller les pistes. Les restes de la plupart des Romanov ne furent découverts qu’en 1979, et leur identification par analyse ADN ne fut officiellement confirmée qu’en 1994. L’Église orthodoxe russe a canonisé Nicolas II et sa famille comme “martyrs porteurs de la Passion” en l’an 2000.
La Maison Ipatiev elle-même fut démolie en 1977, sur ordre de Boris Eltsine, alors premier secrétaire du comité régional du Parti communiste — une décision qu’il regrettera publiquement par la suite. Le terrain resta vide pendant plus de vingt ans. Entre 2000 et 2003, l’Église-sur-le-Sang (Hram na Krovi vo imia Vsekh Sviatykh, “Église sur le Sang en l’honneur de Tous les Saints”) fut construite sur l’emplacement exact de la cave. Ce monument néo-russe aux dômes dorés est aujourd’hui le site de pèlerinage le plus fréquenté d’Ekaterinbourg. Chaque année, dans la nuit du 16 au 17 juillet, une procession de plusieurs dizaines de milliers de fidèles parcourt les dix-huit kilomètres séparant l’église du monastère de Ganina Iama.

La frontière Europe-Asie : une expérience unique
À quarante kilomètres au nord-ouest d’Ekaterinbourg, sur la route de Pervouralsk, un obélisque de marbre blanc marque l’un des endroits les plus symboliques de toute la Russie : la frontière conventionnelle entre l’Europe et l’Asie. Ce monument, dont la version actuelle date de 1837, est l’un des nombreux jalons installés le long de l’Oural pour matérialiser une limite géographique qui n’a, en réalité, rien d’absolu — mais qui fascine les voyageurs depuis des siècles.
Ekaterinbourg a été pendant trois siècles la porte d’entrée vers la Sibérie et le Grand Nord russe — le point de bascule historique à partir duquel les caravanes de marchands, les convois de bagnards et les familles de colons s’enfonçaient vers l’immensité sibérienne.
L’Oural est en effet la frontière la plus anciennement reconnue entre les deux continents, même si les géographes modernes débattent encore de sa localisation exacte. La chaîne de montagnes, formée il y a environ 300 millions d’années lors de la collision de deux plaques tectoniques, s’étend sur 2 500 kilomètres du détroit de Kara (mer Arctique) jusqu’aux steppes kazakhes. À la hauteur d’Ekaterinbourg, l’Oural n’est plus qu’une modeste colline boisée, et la frontière Europe-Asie se franchit sans qu’on s’en aperçoive, si l’on n’est pas averti.
La visite du monument Europe-Asie est devenue un rituel presque obligatoire pour les touristes qui passent par Ekaterinbourg. Le protocole officieux est bien établi : on trempe les pieds dans le ruisseau qui marque symboliquement la ligne, on se prend en photo un pied de chaque côté du panneau indicateur, et les plus festifs débouchent une bouteille de champagne pour “arroser” le passage entre les deux mondes. Le site est accessible en taxi depuis le centre en une vingtaine de minutes, ou via une excursion organisée. Il existe en réalité plusieurs monuments Europe-Asie dans la région de Sverdlovsk — dont un autre à Pervouralsk, plus facile d’accès — mais celui de la route de Pervouralsk reste le plus emblématique. La signification de ce passage dépasse le simple gadget touristique : elle rappelle qu’Ekaterinbourg a été, pendant trois siècles, la porte d’entrée vers la Sibérie, le point de bascule entre deux mondes, deux civilisations, deux imaginaires géographiques.
Les musées incontournables d’Ekaterinbourg
Ekaterinbourg est dotée d’une infrastructure culturelle remarquable pour une ville de taille intermédiaire. Plusieurs musées méritent une attention particulière, chacun éclairant un aspect différent de l’histoire et de la culture de l’Oural.
Le Centre Eltsine est, sans conteste, le musée le plus impressionnant de la ville et l’un des plus modernes de toute la Russie. Inauguré en 2015, ce bâtiment contemporain à l’architecture spectaculaire — conçu par le cabinet Boris Bernasconi — est dédié à la vie et à l’œuvre de Boris Eltsine, premier président de la Russie post-soviétique, natif de la région. Le parcours muséographique retrace les années 1990 avec une franchise surprenante pour un musée russe officiel : les files d’attente pour la nourriture, le coup d’État raté de 1991, la guerre de Tchétchénie, les privatisations controversées sont présentés sans fard. La salle consacrée à la démission d’Eltsine le 31 décembre 1999 est particulièrement émouvante. Le Centre accueille également des expositions temporaires d’art contemporain et des concerts. Entrée : environ 700 roubles.
Le Musée des Gemmes de l’Oural (Muzei Kamennykh Paltsei) ravira les amateurs de minéralogie et de joaillerie. L’Oural est depuis des siècles l’une des régions les plus riches du monde en pierres précieuses et semi-précieuses : malachite verte (utilisée en grande quantité dans les décors du Palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg), améthyste, topaze, cristal de roche, jaspe, serpentine. Le musée expose une collection de pièces brutes et taillées, ainsi que des œuvres de l’école de lapidairerie oural qui a produit certains des plus beaux objets décoratifs de l’Empire russe. La boutique attenante est une excellente adresse pour acheter des souvenirs authentiques.
Le Musée d’Histoire d’Ekaterinbourg (dans la Maison Sevastyanov, bâtiment remarquable du XIXe siècle) présente l’histoire de la ville depuis sa fondation. Une section est consacrée à la maison natale d’Eltsine dans le village de Boutka, reconstitution touchante de la vie rurale oural des années 1930.
La Galerie des Beaux-Arts (Ekaterinburgski Mouzei Izobrazitelnykh Iskousstv) conserve une belle collection d’art russe des XVIIIe-XXe siècles, dont plusieurs œuvres de peintres de l’Oural, ainsi qu’une collection unique de fonte artistique oural — plaques décoratives, fontaines, sculptures en fonte noire qui témoignent du savoir-faire métallurgique local.
Architecture : constructivisme soviétique et modernisme
Les passionnés d’architecture ont rendez-vous avec l’histoire à Ekaterinbourg. La ville possède en effet l’une des plus importantes concentrations de bâtiments constructivistes en Russie, hors Moscou et Saint-Pétersbourg — un héritage des années 1920-1930 qui en fait une destination de pèlerinage pour les architectes et historiens du monde entier.
Cette effervescence artistique constructiviste résonne directement avec les grands courants culturels soviétiques de l’époque — pour en comprendre le contexte, voir le guide complet de la musique russe classique et soviétique, qui retrace comment le régime a simultanément façonné l’architecture, la musique et les arts plastiques.
Le constructivisme est un mouvement architectural et artistique né en Russie soviétique dans les années 1920, caractérisé par la primauté de la fonction sur l’ornementation, l’usage du béton et de l’acier, les formes géométriques pures (cubes, cylindres, parallélépipèdes) et une esthétique résolument moderne pour l’époque. À Ekaterinbourg (alors Sverdlovsk), capitale d’une région industrielle en pleine expansion, ce mouvement a laissé une empreinte exceptionnelle.
Parmi les bâtiments les plus remarquables : la Maison des Syndicats (Svierdlov, 1927), le Gor’kovo Club (1927, cylindre de verre et béton), l’Immeuble de la Gosbank (ancienne banque d’État, 1929), et surtout le fameux “Constructivisme City Tour” proposé par plusieurs agences locales pour découvrir ces trésors architecturaux en deux heures. Le quartier Uralmash, conçu comme une cité ouvrière idéale dans les années 1930, est un autre témoignage fascinant de l’urbanisme soviétique. Il contraste saisissamment avec le quartier d’affaires moderne, où des tours de verre et d’acier — dont la tour Vysotsky (188 mètres), longtemps la plus haute de Russie hors Moscou et Pétersbourg — ont transformé le skyline de la ville depuis les années 2000. Ekaterinbourg est, en matière architecturale, une ville palimpseste où chaque époque a laissé ses strates visibles.
Gastronomie oural : pelmeni, bouillon sibérien et baies sauvages
La cuisine d’Ekaterinbourg est à l’image de l’Oural : robuste, généreuse, ancrée dans les produits de la forêt et des montagnes. Si la gastronomie russe moscovite tend vers le raffinement européen, la cuisine oural-sibérienne est plus proche des traditions nomades et paysannes, davantage tournée vers les préparations nourrissantes adaptées aux hivers rigoureux.
Le plat emblématique de la région est sans conteste le pelmeni — ces raviolis de pâte fine farcis d’un mélange de viandes (porc, bœuf, oignon, parfois agneau ou même ours dans les variantes les plus rustiques). L’origine du pelmeni est sibérienne : les peuples finno-ougriens de l’Oural en préparaient de grandes quantités qu’ils congelaient dans la neige pour les conserver tout l’hiver, prêts à être plongés dans l’eau bouillante à tout moment. Les pelmeni d’Ekaterinbourg se différencient de ceux de Moscou par une farce plus grasse, plus relevée, et une pâte légèrement plus épaisse. Ils se servent traditionnellement avec de la crème fraîche (smetana), du beurre fondu ou un bouillon clair. L’adresse culte pour en manger est Pelmeni Bürger!, une chaîne locale devenue une institution, où l’on peut choisir sa garniture et sa sauce dans un décor délibérément kitsch soviétique.
La stroganina est un autre incontournable hérité des traditions nomades : il s’agit de poisson cru congelé (esturgeon, corégone, omoul) coupé en fines lamelles à la hache ou au couteau, servi immédiatement après découpe avec du sel et du poivre noir. La saveur est délicate, presque sucrée, avec une texture qui fond en bouche. Originaire de Sibérie arctique, ce plat est aujourd’hui proposé dans les restaurants gastronomiques d’Ekaterinbourg comme un mets de choix.
Les champignons et baies sauvages sont omniprésents dans la cuisine locale, reflet de la forêt oural qui entoure la ville. Champignons marinés (griby marinovannyie), confiture d’airelles, gelée de groseilles rouges, tarte aux myrtilles : ces saveurs forestières s’invitent à toutes les tables, des plus modestes aux plus raffinées. Le marché central Kirova est le meilleur endroit pour acheter ces produits directement aux producteurs locaux, souvent des babouchki en tablier fleuri qui vendent leurs conserves maison.
Pour les amateurs de bière, Ekaterinbourg compte plusieurs brasseries artisanales — dont la Brasserie de l’Oural (Ouralskoïe Pivo), qui produit des bières de qualité honorable. Le restaurant Troitski Most (Pont de la Trinité), installé dans une demeure historique du XIXe siècle, propose une carte de cuisine oural-russe traditionnelle dans un décor soigné, à prix raisonnables.

Vie nocturne et scène culturelle
Ekaterinbourg a une réputation dans toute la Russie : celle d’être la capitale du rock soviétique. Cette ville a vu éclore dans les années 1980, dans la clandestinité des appartements communautaires et des sous-sols non officiels, une scène musicale d’une vitalité exceptionnelle. Le groupe Nautilus Pompilius, pionnier du rock russe, est natif d’Ekaterinbourg. Viktor Tsoi, icône absolue du rock soviétique, a séjourné et joué dans la ville. La tradition musicale est encore vivace aujourd’hui : la rue Malichieva concentre de nombreux bars, clubs et salles de concerts où l’on peut entendre des groupes locaux de rock, jazz, électro et folk sibérien plusieurs soirs par semaine.
Le Zverev Summer Festival, organisé chaque été dans les parcs de la ville, est l’un des événements culturels les plus attendus d’Ekaterinbourg : plusieurs jours de concerts en plein air, de performances artistiques et de marchés artisanaux qui attirent des dizaines de milliers de personnes. L’ambiance est festive, populaire et cosmopolite — une facette d’Ekaterinbourg que les guides touristiques classiques mentionnent rarement.
Pour les amateurs de musique classique et de ballet, l’Opéra et Ballet d’Ekaterinbourg est une institution de premier plan — souvent qualifié de deuxième scène lyrique de Russie après le Bolchoï, par la qualité de sa programmation et de ses interprètes. Le bâtiment néo-baroque du début du XXe siècle est lui-même un monument. Les billets sont accessibles à des prix très inférieurs à ceux du Bolchoï, et la qualité des représentations n’a rien à envier aux scènes moscovites.
Pour ceux qui souhaitent un aperçu de la vie locale nocturne, le quartier autour de la rue Malichieva et de la rue Lenina concentre bars à cocktails, clubs de jazz, cafés littéraires et restaurants ouverts jusqu’à l’aube. L’ambiance est décontractée, jeune, et les Ekaterinbourgeois sont généralement curieux et accueillants avec les visiteurs étrangers — une ouverture sur le monde héritée de l’histoire industrielle et universitaire de la ville.
Pour mieux comprendre la Russie contemporaine et le regard que les Russes portent sur leur propre culture, la lecture du blog une Russe à Paris offre un éclairage précieux et décalé, depuis l’autre côté du miroir.
Comment aller à Ekaterinbourg et s’y déplacer
Depuis Moscou en avion : la solution la plus rapide et la plus commode. Le vol dure environ 2h15 depuis Sheremetievo (SVO) ou Domodedovo (DME). Les compagnies Aeroflot, S7 Airlines et Ural Airlines assurent plusieurs rotations quotidiennes. L’aéroport international de Koltsovo (SVX), situé à 16 km au sud-est du centre-ville, est bien desservi par des navettes-bus et des taxis Yandex. Compter 300 à 500 roubles en taxi pour rejoindre le centre.
Depuis Moscou en train : le Transsibérien offre une option romantique et immuable. Le train n°1 “Rossiya” et le train “Ural” relient la Gare de Kazan (Kazansky Vokzal) à Ekaterinbourg en 26 à 30 heures selon le train. C’est une expérience en soi : traverser les plaines de la Russie centrale, voir les forêts de bouleaux défilter, partager un compartiment avec des Russes qui voyagent vers la Sibérie. Les billets en couchette (platzkart) sont très accessibles (1 000 à 2 000 roubles), les compartiments fermés (koupé) plus confortables. La réservation en ligne est possible sur le site rzd.ru.
Depuis la ville : métro, trams et taxis. Ekaterinbourg possède un métro composé d’une seule ligne de neuf stations, inauguré en 1991, qui dessert l’axe nord-sud de la ville. Les tramways complètent le réseau et permettent de rejoindre les quartiers périphériques. Le prix du titre unique est d’environ 32 roubles (2026). Les taxis Yandex sont omniprésents, peu coûteux et fiables — l’application fonctionne en russe et en anglais. La location de voiture est disponible dans plusieurs agences au centre-ville et à l’aéroport, recommandée pour les excursions vers le monument Europe-Asie ou le monastère de Ganina Iama.
Pour explorer la région et rallier ensuite Vladivostok ou s’enfoncer vers la Sibérie et le Grand Nord, Ekaterinbourg est le point de départ idéal. En direction de l’ouest, Kazan est à environ 8 heures de train — une autre étape incontournable sur la route des villes historiques de la Volga.
Infos pratiques 2026
Monnaie : le rouble russe (RUB). En juin 2026, le taux de change oscille autour de 90-95 roubles pour 1 euro, mais il convient de vérifier les cours en temps réel avant le départ. Les distributeurs automatiques (bankomates) sont nombreux dans le centre-ville. Les cartes bancaires étrangères (Visa/Mastercard) peuvent être refusées dans de nombreux établissements en raison des sanctions internationales — il est conseillé de prévoir des espèces en quantité suffisante ou d’utiliser des cartes de systèmes de paiement alternatifs.
Pour organiser un séjour complet dans l’Oural russe et découvrir Ekaterinbourg avec un accompagnement expert, plusieurs agences proposent des circuits combinant la ville et ses environs — monastère de Ganina Iama, monument Europe-Asie et excursion dans les montagnes de l’Oural.
Climat continental sévère : l’Oural connaît des hivers très rigoureux (-15°C à -25°C de décembre à février, avec des pics à -35°C certaines années) et des étés relativement chauds (+18°C à +25°C de juin à août). Le printemps et l’automne sont courts et imprévisibles. La meilleure période pour visiter Ekaterinbourg est de mai à septembre : les jours sont longs (jusqu’à 18 heures de clarté en juin), la nature est verdoyante, et la ville est à son meilleur niveau d’animation. En juillet, autour du 17 juillet (anniversaire de l’exécution des Romanov), la procession nocturne attire des milliers de pèlerins — un spectacle à part entière, même pour les non-croyants.
Visa : la Russie exige un visa pour la plupart des ressortissants européens. La procédure doit être engagée plusieurs semaines à l’avance auprès de l’ambassade ou du consulat russe. Vérifiez les conditions en vigueur au moment de votre voyage, car elles peuvent évoluer selon le contexte diplomatique. Des corridors de visa simplifiés existent pour certaines nationalités via des pays tiers.
Hébergement : le centre historique d’Ekaterinbourg (autour de la rue Lenina et de la rue Malichieva) concentre les meilleurs hôtels, de la pension familiale (1 500 roubles/nuit) à l’hôtel de standing international (6 000-12 000 roubles). Le quartier autour du Centre Eltsine est très agréable, calme et proche de l’Église-sur-le-Sang. À noter : les hébergements se réservent de préférence via des plateformes russes (Ostrovok.ru) plutôt que via les sites occidentaux qui peuvent avoir des problèmes de paiement.
Budget journalier : Ekaterinbourg est significativement moins chère que Moscou. Un budget de 50 à 80 euros par jour (hors hébergement) est confortable pour se nourrir correctement, visiter les musées et se déplacer. Un budget serré de 30 euros est possible en utilisant les cantines soviétiques (stolovaya) et les transports en commun.
Langue : le russe est quasiment indispensable hors des établissements touristiques. L’anglais est peu parlé, et les enseignes, menus et panneaux sont majoritairement en cyrillique. Apprendre quelques dizaines de mots (chiffres, formules de politesse, noms de plats) facilite grandement les interactions. Une application de traduction avec mode hors-ligne (Google Traduction ou Yandex.Translate) est un compagnon de voyage indispensable.
Ekaterinbourg, carrefour de tous les possibles
Ekaterinbourg n’est pas une destination anodine. Elle est le lieu où l’histoire de la Russie a basculé dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, et elle porte ce poids avec une dignité particulière — l’Église-sur-le-Sang n’est pas seulement un mémorial, c’est un lieu de paix et de recueillement que l’on quitte transformé. Mais Ekaterinbourg est aussi une ville vivante, moderne, ambitieuse, qui a su tirer parti de son passé industriel pour construire un avenir culturel et économique solide.
La frontière Europe-Asie qui passe à ses portes est une métaphore de ce qu’est la ville elle-même : un passage, un carrefour, un endroit où deux mondes se rencontrent et se mélangent. Les voyageurs qui prennent le temps de s’arrêter ici, plutôt que de simplement traverser vers la Sibérie, découvrent une dimension de la Russie authentique et profonde, loin des circuits balisés — et repartent avec la certitude que l’Oural est l’un des endroits les plus fascinants du monde.
Questions fréquentes
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, le tsar Nicolas II, la tsarine Alexandra et leurs cinq enfants (Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et Alexis) ont été fusillés avec leur entourage dans la cave de la Maison Ipatiev, sur ordre du Présidium de l'Oural. En 2000, une église a été érigée sur le site : l'Église-sur-le-Sang (Hram na Krovi). Les restes des Romanov ont été identifiés par ADN en 1994.
Le moyen le plus rapide est l'avion : environ 2h15 de vol depuis Sheremetievo ou Domodedovo (compagnies Aeroflot, S7, Ural Airlines). Le Transsibérien relie Moscou à Ekaterinbourg en 26 à 30 heures (train Ural, départ Gare de Kazan). En voiture, la distance est d'environ 1 700 km via l'autoroute M7-M7.
Ekaterinbourg est au cœur de l'Oural, la chaîne de montagnes qui sert de frontière conventionnelle entre l'Europe et l'Asie. La ville est officiellement en Asie (à quelques dizaines de kilomètres à l'est de la ligne de partage). À 40 km au nord-ouest de la ville, le monument 'Frontière Europe-Asie' marque symboliquement ce passage. Les habitants d'Ekaterinbourg peuvent ainsi poser un pied en Europe et l'autre en Asie en quelques minutes de voiture.
L'Oural est une chaîne de montagnes ancienne (formée il y a 300 millions d'années) qui s'étend sur 2 500 km du nord au sud, séparant la plaine d'Europe orientale de la Sibérie. Il est riche en minéraux (fer, cuivre, or, pierres précieuses — les fameux 'gemmes de l'Oural') et a été le berceau de l'industrie métallurgique russe dès le XVIIIe siècle sous Pierre le Grand. Ekaterinbourg, fondée en 1723, était le centre administratif et industriel de cette région.
La cuisine oural-sibérienne est riche et roborative. Les pelmeni (raviolis russes farcis à la viande) sont nés en Sibérie et sont le plat emblématique de la région. On trouve aussi les pirojki (chaussons fourrés), le bouillon avec des blinis, la stroganina (poisson cru congelé coupé en lamelles, héritage nomade), les plats à base de champignons de forêt et de baies sauvages (airelles, myrtilles, groseilles). La Oural-Kykha est une soupe de viande et légumes locaux.