Population Russie 2026 : 144 Millions d'Habitants, Démographie et Villes
La Russie est-elle un pays vide ou peuplé ? Combien d’habitants compte vraiment la Fédération de Russie en 2026 ? Pourquoi entend-on dire qu’il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes ? Ces questions reviennent en boucle dans les recherches francophones, et les réponses sont souvent imprécises ou datées. Cet article fait le point en s’appuyant sur les derniers chiffres officiels publiés par Rosstat (l’institut russe de la statistique) et sur les estimations indépendantes les plus récentes.
Au 1er janvier 2026, la population de la Fédération de Russie est estimée à environ 144,1 millions d’habitants. C’est le neuvième pays le plus peuplé du monde, derrière l’Inde, la Chine, les États-Unis, l’Indonésie, le Pakistan, le Nigeria, le Brésil et le Bangladesh. Ce qui frappe d’abord, c’est l’écart entre la taille du territoire (17,1 millions de km², soit le pays le plus vaste du monde) et la densité moyenne, particulièrement faible : 8,4 habitants par km². À titre de comparaison, la France compte 122 habitants par km², soit quatorze fois plus. Cette asymétrie est centrale pour comprendre la Russie. Pour situer rapidement la capitale, qui concentre une part énorme de la population active, vous pouvez consulter notre guide complet pour visiter Moscou en 2026, qui détaille la superficie de la ville (2 561 km²) et son agglomération.
La trajectoire démographique : pic en 2015, lent déclin depuis
L’histoire démographique récente de la Russie est marquée par trois phases. Entre 1991 et 1999, la dislocation de l’URSS provoque un effondrement : la natalité s’effondre (de 17 à 8 naissances pour 1 000 habitants), la mortalité augmente (de 11 à 15 décès pour 1 000 habitants), et l’espérance de vie masculine chute en dessous de 58 ans. La population recule de 148,6 millions à 146,8 millions en huit ans. Entre 2000 et 2015, une stabilisation s’opère grâce à une politique nataliste agressive (capital maternel, primes à la naissance, congés étendus) et à une amélioration relative de l’espérance de vie. Le pays atteint un pic à 146,7 millions d’habitants en 2015, après l’annexion de la Crimée. Depuis 2018, le déclin reprend : la natalité retombe à 1,4 enfant par femme (en dessous du seuil de remplacement de 2,1), la mortalité augmente avec le COVID puis la guerre, et la perte annuelle nette dépasse 500 000 personnes en 2022 et 2023.
L’immigration nette, principalement en provenance des républiques d’Asie centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan), compense partiellement cette baisse. Sans cet apport, la population aurait reculé de plus d’un million par an depuis 2020. Cette dépendance migratoire est rarement mise en avant dans les médias officiels, mais elle structure l’économie russe : les secteurs du bâtiment, du commerce de détail et des services urbains reposent largement sur cette main-d’œuvre étrangère.
Le déséquilibre hommes/femmes : un héritage du XXe siècle
Le chiffre frappe : 78 millions de femmes pour 66 millions d’hommes. Soit un ratio de 86 hommes pour 100 femmes au niveau national, et environ 75 hommes pour 100 femmes après 50 ans. Ce déséquilibre n’est pas un mythe : il s’enracine dans plusieurs traumatismes historiques cumulés. Les pertes humaines de la Seconde Guerre mondiale (27 millions de morts soviétiques, dont une majorité d’hommes) ont créé une génération avec un déficit masculin durable. Les répressions staliniennes ont ciblé prioritairement les hommes adultes. À cela s’ajoute, depuis les années 1990, une surmortalité masculine structurelle : alcoolisme massif, accidents de la route, suicides, accidents du travail, et plus récemment les pertes liées au conflit en Ukraine.
L’espérance de vie illustre l’ampleur du phénomène. En 2025, l’espérance de vie à la naissance est de 67 ans pour les hommes et de 78 ans pour les femmes, soit un écart de 11 années — l’un des plus larges au monde. À titre de comparaison, l’écart est de 5,5 ans en France et de 4,5 ans aux États-Unis. Pour aller plus loin sur cette question démographique précise, notre dossier sur le fait de plus de femmes que d’hommes en Russie en 2026 déconstruit les principales idées reçues et explique les conséquences sociales concrètes.

Une population concentrée à l’ouest : la “diagonale du vide” russe
La carte démographique russe ressemble à un croissant occupé : environ 75 % de la population vit dans la Russie d’Europe, c’est-à-dire à l’ouest de l’Oural, sur seulement 23 % du territoire. Plus on avance vers l’est, plus la densité chute. La Sibérie occidentale concentre encore quelques pôles industriels (Tioumen, Omsk, Tomsk, Novossibirsk), mais à mesure que l’on traverse le bassin de la Léna, la densité tombe sous 1 habitant par km². L’Extrême-Orient russe (Iakoutie, Kamtchatka, Tchoukotka) compte moins de 8 millions d’habitants pour une superficie supérieure à celle de l’Inde.
Cette répartition n’est pas un accident : elle résulte du climat (le froid extrême interdit l’agriculture et complique l’urbanisation au-delà du 60e parallèle), de l’histoire (la colonisation russe vers l’est s’est faite sous forme de comptoirs et de villes-garnisons isolées) et de la géographie économique (les ressources naturelles abondent à l’est mais nécessitent peu de main-d’œuvre une fois exploitées). Depuis les années 2000, l’État russe tente d’enrayer la dépopulation de l’Extrême-Orient par des incitations financières (programme “1 hectare”, primes à l’installation), mais l’effet reste marginal. Pour comprendre comment cela s’organise concrètement pour les étrangers qui voudraient s’installer, notre guide pratique comment déménager en Russie en 2026 détaille les programmes officiels et les réalités du terrain.
Les principales villes russes et leur évolution
Moscou domine sans partage. La capitale concentre environ 13 millions d’habitants intra-muros (sur 2 561 km², soit deux fois et demie Paris intra-muros), et plus de 17 millions pour l’agglomération Moscou-Oblast. C’est de loin le premier centre démographique, économique, politique et culturel du pays. Saint-Pétersbourg arrive deuxième avec 5,6 millions d’habitants, c’est-à-dire moins de la moitié de Moscou : un écart unique en Europe, où les capitales sont rarement aussi écrasantes. Pour découvrir les autres pôles urbains et savoir lesquelles méritent le voyage, notre liste détaillée des villes russes à visiter couvre les destinations majeures avec leurs spécificités.
Au-delà des deux capitales, on trouve un palmarès de villes millionnaires :
- Novossibirsk (1,63 million) — capitale de la Sibérie occidentale, pôle scientifique et industriel
- Iekaterinbourg (1,55 million) — ville de l’Oural, frontière symbolique entre Europe et Asie
- Kazan (1,32 million) — capitale du Tatarstan, ville à majorité musulmane et tatare
- Nijni Novgorod (1,21 million) — ancienne ville fermée, centre industriel sur la Volga
- Tcheliabinsk (1,17 million) — ville industrielle de l’Oural
- Samara (1,15 million) — port fluvial sur la Volga
- Oufa (1,13 million) — capitale de la Bachkirie
- Rostov-sur-le-Don (1,12 million) — porte du Caucase et du sud russe
- Krasnoïarsk (1,10 million) — Sibérie centrale, sur l’Iénisséï
- Voronej (1,06 million) — centre de la Russie noire
Soit 15 villes millionnaires au total en 2025-2026 (contre 13 en 2010). Cette urbanisation s’accentue : selon Rosstat, 75 % des Russes vivent désormais en ville, contre 73 % en 2010. Les campagnes continuent de se vider, en particulier dans le centre russe (oblasts de Tver, Smolensk, Pskov, Riazan), où des milliers de villages comptent moins de 50 habitants permanents.
La structure ethnique : 81 % de Russes ethniques, 19 % de minorités
La Fédération de Russie compte officiellement plus de 190 nationalités. Les Russes ethniques (russkié) représentent environ 81 % de la population. Les principales minorités sont les Tatars (3,7 %), les Tchétchènes (1,2 %), les Bachkirs (1,1 %), les Tchouvaches (1,0 %), les Avars (0,7 %), les Mordves (0,5 %), les Tcherkesses, les Iakoutes, les Bouriates, les Ingouches et les Kalmouks. Cette diversité reflète l’histoire impériale du pays : chaque vague de conquête (vers l’est en Sibérie, vers le sud dans le Caucase, vers l’ouest en Pologne) a intégré de nouveaux peuples.
Sur le plan religieux, environ 70 % des Russes se déclarent orthodoxes (au moins culturellement), 10 % musulmans, 1 % bouddhistes, et le reste se répartit entre catholiques, protestants, juifs, et non-croyants. La pratique religieuse réelle reste cependant faible : moins de 10 % des Russes se rendent à l’église chaque mois. Pour un panorama plus large des liens historiques entre la France et les communautés russes, le site france-russie2010.com propose une archive éditoriale de la diaspora russe en France après 1917, précieuse pour comprendre comment la culture russe s’est diffusée hors de Russie depuis un siècle.
L’âge moyen et le vieillissement
L’âge médian en Russie est de 40,8 ans en 2026, supérieur à celui de la France (42,3 ans) mais inférieur à celui de l’Allemagne (45,9 ans) ou du Japon (49,1 ans). La pyramide des âges russe présente une forme spécifique : un creux marqué chez les 30-35 ans (effet de la chute de natalité des années 1990), un pic chez les 55-65 ans (génération du baby-boom soviétique des années 1960), et un sommet de plus en plus large chez les femmes de 70 ans et plus. Ce déséquilibre explique en partie les politiques natalistes des deux dernières décennies.
Le vieillissement pose un défi économique majeur : la part des plus de 60 ans est passée de 17 % en 2000 à 24 % en 2025, et devrait atteindre 28 % d’ici 2035. Le système de retraite russe a été réformé en 2018 pour repousser l’âge légal de départ (60 ans pour les femmes, 65 pour les hommes, contre 55 et 60 auparavant), au prix de protestations massives.
Les régions qui gagnent et celles qui perdent
Toutes les régions russes ne suivent pas la même trajectoire. Quatre groupes se distinguent :
Les régions qui gagnent de la population : la région de Moscou (immigration interne et internationale), la région de Krasnodar (climat doux, retraités), la République du Daghestan (forte natalité musulmane), la Tchétchénie (forte natalité), la République d’Ingouchie (forte natalité), Saint-Pétersbourg (immigration), et le Tatarstan (économie dynamique).
Les régions stables : Kazan, Iekaterinbourg, Tioumen (économie pétrolière qui attire), Krasnoïarsk. Pour les voyageurs qui cherchent à explorer ces territoires russes encore peu touristiques, le magazine spécialisé sejours-russie.com propose un guide éditorial des régions russes méconnues qui dépasse largement les circuits classiques Moscou-Saint-Pétersbourg.
Les régions qui perdent lentement : la majorité des oblasts du centre russe (Voronej, Riazan, Toula, Vladimir, Iaroslavl), où la natalité est faible et l’émigration vers Moscou continue.
Les régions en dépopulation rapide : la région de Mourmansk (-15 % depuis 2010), la Iakoutie centrale, la Kolyma, le Kamtchatka, la Tchoukotka. Certaines villes minières fermées sous l’URSS perdent jusqu’à 3 % de leur population par an.

Pourquoi la démographie est devenue un sujet politique central
Le Kremlin a explicitement fait de la démographie une priorité depuis le discours présidentiel de 2006 introduisant le capital maternel (155 000 roubles en 2007, environ 700 000 roubles en 2026 pour le deuxième enfant). En 2024, des mesures supplémentaires ont été annoncées : prêts immobiliers à taux réduit pour les familles de trois enfants ou plus, congé maternité étendu à trois ans, primes régionales additionnelles. L’objectif officiel : remonter le taux de fécondité à 1,7 enfant par femme d’ici 2030, contre 1,4 aujourd’hui.
Les résultats sont mitigés. Si la natalité a effectivement remonté entre 2007 et 2014 (jusqu’à 1,77), elle est retombée depuis. Les sociologues russes (notamment ceux du Centre d’études démographiques de la Haute École d’économie) attribuent cette rechute à plusieurs facteurs : pessimisme économique persistant, urbanisation et émancipation féminine continues, coût croissant de l’éducation des enfants, instabilité géopolitique. Aucune politique nataliste connue dans le monde n’a réussi à inverser durablement une tendance baissière une fois installée.
Trois chiffres à retenir pour 2026
Pour synthétiser l’état démographique de la Russie en 2026, trois chiffres condensent l’essentiel :
- 144 millions d’habitants, soit un déclin de 2,6 millions par rapport au pic de 2015. La Russie reste de très loin le pays le plus peuplé d’Europe et le neuvième du monde.
- 86 hommes pour 100 femmes, déséquilibre persistant qui structure la vie sociale, le marché du couple, et même certaines politiques publiques (médailles “Mère héroïne”, prestations spécifiques aux mères célibataires).
- 75 % d’urbains, dont 12 % vivent à Moscou ou Saint-Pétersbourg. La Russie rurale traditionnelle disparaît progressivement, et avec elle un certain mode de vie qui irrigue encore la littérature et le cinéma russes.
Comprendre la démographie russe permet d’éclairer beaucoup de phénomènes connexes : la situation des femmes russes sur le marché du couple, les difficultés du marché du travail, la dépendance à l’immigration centre-asiatique, les défis du système de retraite, et les choix politiques de fond du Kremlin. Pour les voyageurs comme pour les expatriés potentiels, c’est aussi un rappel utile : la Russie n’est pas une masse uniforme, mais une mosaïque de territoires inégalement peuplés, dont certains se vident pendant que d’autres explosent.
Pour creuser la dimension humaine et culturelle de cette mosaïque, notre guide pour rencontrer une femme russe en 2026 replace les attentes et les codes culturels dans leur contexte sociologique. Et pour qui prépare un voyage concret, notre guide complet pour visiter Moscou en 2026 montre comment cette densité urbaine extrême se vit au quotidien dans la capitale.
Questions fréquentes
Selon les dernières estimations de Rosstat publiées début 2026, la Fédération de Russie compte environ 144,1 millions d'habitants, en très légère diminution par rapport au pic de 146,7 millions atteint en 2015. Le pays est le neuvième le plus peuplé du monde et le plus peuplé d'Europe en intégrant la partie russe de l'Oural.
Oui, le déséquilibre est structurel. La Russie compte environ 78 millions de femmes pour 66 millions d'hommes, soit un ratio de 86 hommes pour 100 femmes. Cette asymétrie s'accentue après 35 ans, principalement à cause d'une surmortalité masculine liée à l'alcool, aux accidents et aux conflits.
Moscou domine très largement avec environ 13 millions d'habitants intra-muros et plus de 17 millions pour son agglomération. Saint-Pétersbourg arrive deuxième avec près de 5,5 millions d'habitants. Suivent Novossibirsk, Iekaterinbourg, Kazan, Nijni Novgorod et Tcheliabinsk.
Oui, lentement mais structurellement. Depuis 2018, la natalité chute (1,4 enfant par femme), tandis que la mortalité reste élevée. Le solde naturel est négatif, partiellement compensé par l'immigration en provenance d'Asie centrale. Sans cette immigration, la baisse atteindrait environ 500 000 habitants par an.
La Russie d'Europe concentre environ 75 % de la population sur seulement 23 % du territoire. La région de Moscou (Oblast + ville), la région de Krasnodar, la région de Saint-Pétersbourg, le Tatarstan et la République de Bachkirie figurent parmi les plus densément peuplées. La Sibérie et l'Extrême-Orient russe restent très peu densément peuplés.
L'impact est documenté mais reste partiellement masqué dans les statistiques officielles. La mortalité masculine 18-45 ans a augmenté nettement depuis 2022, et un million d'hommes en âge de travailler auraient quitté le pays selon plusieurs estimations indépendantes. Cela accentue le déséquilibre hommes/femmes et accélère le vieillissement.