Combien d'habitants en Russie en 2026 ? Population, chiffres clés et évolution

Combien d’habitants en Russie en 2026 ? C’est l’une des questions les plus posées sur le plus grand pays du monde, et la réponse varie étonnamment selon la source : entre 141 et 146 millions de personnes. Cet écart n’est pas une imprécision : il reflète des choix méthodologiques, notamment l’inclusion ou non de la Crimée et des territoires annexés dans les statistiques officielles russes.
Cet article fait le point, chiffres à l’appui, sur la population de la Russie en 2026 : son niveau actuel, son évolution depuis trente-cinq ans, sa répartition sur un territoire immense, la hiérarchie de ses grandes villes et les perspectives d’avenir. Il complète notre article dédié au ratio femmes-hommes en Russie, qui analyse plus en détail la question du déséquilibre démographique entre les sexes.
Combien d’habitants en Russie en 2026 ? Le chiffre et ses limites
Donner un chiffre unique pour la population de la Russie en 2026 demande une précaution. L’office russe des statistiques, Rosstat, intègre dans ses calculs la péninsule de Crimée, rattachée en 2014, ainsi que les régions ukrainiennes partiellement occupées annexées depuis 2022. Cette méthodologie produit des estimations de l’ordre de 146 millions d’habitants. À l’inverse, les Nations Unies, la Banque mondiale et la plupart des instituts internationaux excluent ces territoires contestés et estiment la population entre 141 et 144 millions.
Les principaux indicateurs démographiques de la Russie en 2026 se résument ainsi :
| Indicateur | Valeur 2026 |
|---|---|
| Population totale | 141 à 146 millions d’habitants |
| Rang mondial | 9e pays le plus peuplé |
| Rang en Europe | 1er (devant la Turquie européenne et l’Allemagne) |
| Superficie | plus de 17 millions de km² |
| Densité moyenne | moins de 10 habitants/km² |
| Taux d’urbanisation | environ 75 % |
| Âge médian | environ 40 ans |
| Taux de fécondité | environ 1,4 enfant par femme |
Ces chiffres placent la Russie dans une situation paradoxale : c’est le pays le plus vaste du monde et le plus peuplé d’Europe, mais aussi l’un des grands pays les moins densément peuplés de la planète, loin derrière la France, l’Allemagne ou le Japon.
L’évolution de la population russe de 1990 à 2026
La trajectoire démographique russe sur les trente-cinq dernières années se découpe en quatre phases distinctes, que le tableau suivant résume :
| Année | Population estimée | Contexte |
|---|---|---|
| 1990 | environ 148 millions | Pic historique de la RSFSR |
| 2002 | environ 145 millions | Chute post-soviétique (recensement) |
| 2010 | environ 143 millions | Point bas avant stabilisation (recensement) |
| 2015 | environ 146 millions | Rebond nataliste + rattachement de la Crimée (+2,3 M) |
| 2020 | environ 144 millions | Reprise du déclin |
| 2026 | 141 à 146 millions | Baisse accélérée depuis 2022 |
La première phase, celle des années 1990, est marquée par une chute brutale. La dissolution de l’Union soviétique s’accompagne d’une effondrement de la natalité, d’une surmortalité liée à la crise économique et sociale, et d’une baisse de l’espérance de vie, en particulier masculine. La Russie perd plusieurs millions d’habitants en une décennie.
La deuxième phase, entre le milieu des années 2000 et la fin des années 2010, correspond à une stabilisation puis à un léger rebond. Les politiques natalistes mises en place par le gouvernement (prime à la naissance, soutien aux familles nombreuses) portent leurs fruits, et une immigration importante en provenance d’Asie centrale compense une partie du déficit naturel.
La troisième phase s’amorce à la fin des années 2010 : la natalité repart à la baisse, les générations nées dans les années 1990 arrivent à l’âge de procréer en étant numériquement faibles, et la pandémie de Covid-19 cause une surmortalité importante entre 2020 et 2021.
La quatrième phase, enfin, s’ouvre en 2022. La guerre en Ukraine affecte la démographie russe par trois canaux : les pertes humaines, l’émigration d’une partie des jeunes actifs qualifiés et la baisse des naissances dans un climat d’incertitude. Depuis lors, le solde naturel du pays — différence entre naissances et décès — reste structurellement négatif.
Une population inégalement répartie sur un territoire immense
Le chiffre de moins de 10 habitants par kilomètre carré, à lui seul, est trompeur : la réalité russe est celle d’une dualité territoriale forte. Environ trois quarts de la population vivent à l’ouest de l’Oural, dans la partie européenne du pays qui ne représente qu’un quart de la superficie totale. Cette Russie-là est dense, urbanisée et reliée par un réseau de transports historique.
À l’est, en revanche, la Sibérie et l’Extrême-Orient russe forment des immensités quasi vides. Des régions comme la Iakoutie, le Tchoukotka ou le Kamtchatka affichent des densités inférieures à un habitant par kilomètre carré, concentrées dans quelques villes isolées reliées par de longues distances. De nombreux villages ruraux, dans le Nord comme en Sibérie, connaissent une dépopulation continue depuis des décennies : fermetures de services publics, départs des jeunes vers les métropoles et vieillissement accéléré.
Cette polarisation s’accompagne d’un fort contraste démographique entre les régions : les républiques du Caucase du Nord affichent les taux de natalité les plus élevés du pays, tandis que les régions du Nord-Ouest et de la Volga vieillissent le plus vite.
Les villes de l’Oural et du couloir de la Volga incarnent ce second rang urbain souvent méconnu des voyageurs francophones. Notre guide des villes de l’Oural et de la Volga détaille la réalité démographique et économique de Perm, Samara et Nijni Novgorod, trois agglomérations d’environ un million d’habitants chacune.
Les plus grandes villes de Russie en 2026
La Russie compte une quinzaine de villes de plus d’un million d’habitants. Leur hiérarchie est très marquée : les deux premières métropoles écrasent le reste du classement.
| Rang | Ville | Population (agglomération) |
|---|---|---|
| 1 | Moscou | environ 13 millions |
| 2 | Saint-Pétersbourg | environ 5,5 millions |
| 3 | Novossibirsk | environ 1,6 million |
| 4 | Ekaterinbourg | environ 1,5 million |
| 5 | Kazan | environ 1,3 million |
| 6 | Nijni Novgorod | environ 1,2 million |
| 7 | Krasnoiarsk | environ 1,2 million |
| 8 | Tcheliabinsk | environ 1,2 million |
| 9 | Samara | environ 1,15 million |
| 10 | Oufa | environ 1,15 million |
| 11 | Rostov-sur-le-Don | environ 1,1 million |
| 12 | Omsk | environ 1,1 million |
| 13 | Perm | environ 1 million |
| 14 | Voronej | environ 1 million |
| 15 | Volgograd | environ 1 million |
Moscou, capitale politique et économique, concentre à elle seule près d’un dixième de la population nationale et attire chaque année des dizaines de milliers de nouveaux habitants venus des régions. Sa démographie propre — population, superficie, banlieues — fait l’objet d’une page dédiée à Moscou et à ses habitants sur ce site.
Saint-Pétersbourg, ancienne capitale impériale, reste la deuxième ville du pays et sa fenêtre sur la mer Baltique. Son centre historique, inscrit au patrimoine mondial, en fait une étape incontournable pour découvrir la Russie urbaine : pour préparer ce voyage, on pourra consulter ce guide de Saint-Pétersbourg, qui présente la ville, ses quartiers et ses incontournables.
Au-delà de ces métropoles, le maillage urbain russe repose sur des capitales régionales dynamiques — Kazan, capitale tatare, Ekaterinbourg, capitale de l’Oural, ou Novossibirsk, capitale scientifique de Sibérie — dont la croissance contraste avec le déclin des petites villes et villages environnants.
La structure de la population : un pays qui vieillit
Au-delà du chiffre total, la structure par âge de la population russe dessine les contours de son avenir. L’âge médian, autour de 40 ans, progresse régulièrement, et la part des personnes de plus de 65 ans dépasse désormais 17 % de la population.
Plusieurs mécanismes s’y combinent :
- un taux de fécondité d’environ 1,4 enfant par femme, durablement inférieur au seuil de renouvellement des générations (environ 2,1) ;
- un solde naturel négatif, le nombre de décès dépassant chaque année le nombre de naissances ;
- l’arrivée à l’âge de la parentalité des générations creuses nées dans les années 1990 ;
- un écart d’espérance de vie entre femmes et hommes parmi les plus importants au monde, qui accentue le vieillissement de la population.
L’immigration, notamment en provenance d’Asie centrale et du Caucase, compense une partie de ce déficit naturel et alimente la croissance des grandes agglomérations. Sans cet apport, le déclin démographique russe serait encore plus rapide.
La Russie comparée à la France et à l’Europe
Comparer la Russie à la France aide à prendre la mesure de ses spécificités démographiques. Avec environ 141 à 146 millions d’habitants, la Russie compte un peu plus du double de la population française (environ 68 millions). Elle est le pays le plus peuplé d’Europe, devant la Turquie et l’Allemagne (environ 84 millions), et le neuvième au monde.
Mais les ressemblances s’arrêtent là. La densité française avoisine 106 habitants par kilomètre carré, quinze fois plus que la densité russe. La France compte plus de villes de plus de 200 000 habitants dans un espace vingt-six fois plus petit, et son taux de fécondité (environ 1,7 enfant par femme), bien que sous le seuil de renouvellement, reste supérieur à celui de la Russie. Les deux pays partagent néanmoins un trait commun : un vieillissement démographique prononcé et un solde naturel devenu négatif.
Quelle population pour la Russie demain ?
Les projections des Nations Unies dessinent une trajectoire de continuation : la population russe pourrait approcher 130 millions d’habitants d’ici 2050 dans le scénario central, et descendre au-delà dans les scénarios bas. Le vieillissement s’accentuera, la population rurale continuera de se vider au profit des métropoles, et la pression démographique pèsera sur le marché du travail, les systèmes de retraite et la cohésion de territoires déjà fragiles.
Cette trajectoire n’est pas une fatalité : l’histoire récente montre que des politiques familiales ambitieuses et une immigration soutenue peuvent ralentir, temporairement, le déclin. Mais inverser durablement la tendance supposerait un environnement économique et géopolitique très différent de celui du milieu des années 2020.
En résumé
En 2026, la Russie compte entre 141 et 146 millions d’habitants selon que l’on retient les statistiques officielles de Rosstat ou les estimations internationales. C’est le neuvième pays le plus peuplé du monde et le premier d’Europe, mais l’un des moins denses, avec moins de 10 habitants par kilomètre carré. Sa population vieillit, diminue depuis plusieurs années et se concentre dans la partie européenne du pays et dans une quinzaine de grandes métropoles, dominées par Moscou et Saint-Pétersbourg.
Pour découvrir la deuxième ville du pays, sa population et son histoire, notre guide complet de Saint-Pétersbourg complète cette lecture.
Questions fréquentes
En 2026, la Russie compte entre 141 et 146 millions d'habitants selon les sources. Rosstat, l'office russe des statistiques, publie les estimations les plus élevées car il inclut la Crimée et les territoires ukrainiens annexés, tandis que l'ONU et la Banque mondiale excluent ces territoires et proposent des chiffres plus bas.
Avec moins de 10 habitants par kilomètre carré sur un territoire de plus de 17 millions de kilomètres carrés, la Russie est l'un des grands pays les moins densément peuplés du monde. La densité est très inégale : environ trois quarts de la population vivent dans la partie européenne du pays, qui ne couvre qu'un quart du territoire.
Moscou est de loin la plus grande ville de Russie, avec environ 13 millions d'habitants sur son agglomération, devant Saint-Pétersbourg (environ 5,5 millions). Le pays compte ensuite une quinzaine de villes de plus d'un million d'habitants, dont Novossibirsk, Ekaterinbourg, Kazan et Nijni Novgorod.
La population russe diminue. Après un pic d'environ 148 millions d'habitants au début des années 1990, la population a reculé pendant deux décennies, a connu une stabilisation relative dans les années 2010, puis est repartie à la baisse depuis la fin des années 2010, accentuée par la pandémie de Covid-19 et les conséquences de la guerre en Ukraine depuis 2022.
Avec environ 141 à 146 millions d'habitants, la Russie compte un peu plus du double de la population de la France (environ 68 millions). Elle est le pays le plus peuplé d'Europe et le neuvième au monde, mais sa densité est près de quinze fois inférieure à celle de la France, avec moins de 10 habitants par kilomètre carré contre environ 106.
Selon les projections des Nations Unies, la population russe pourrait descendre vers 130 millions d'habitants d'ici le milieu du siècle, voire moins selon les scénarios. Le vieillissement de la population, un taux de fécondité durablement inférieur au seuil de renouvellement des générations et un solde naturel négatif pèsent sur les perspectives démographiques du pays.



